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La déclaration finale de la réunion consultative de Togo des leaders politiques et civils de la région du Darfour concernant la situation dans la région et au Soudan.

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Le Soudan, en général, et la région du Darfour, en particulier, traversent une crise existentielle sans précédent dans l’histoire moderne du pays en raison de la guerre du 15 avril, qui est en réalité le reflet de la crise de gouvernance et des troubles politiques, sociaux et économiques auxquels le Soudan est confronté depuis son indépendance en 1956.

Cette crise a engendré d’énormes défis et a provoqué d’importants changements politiques, sociaux et économiques, nécessitant que tous les Soudanais capables et désireux s’engagent à les résoudre en traitant les véritables causes profondes.

Pour discuter de cette crise, des défis et des transformations qu’elle a engendrées, ainsi que de ses effets directs et indirects sur la région du Darfour en particulier, et sur le Soudan en général, et pour échanger des points de vue sur les meilleures façons de les aborder, un groupe de leaders politiques et civils du Darfour s’est réuni à Lomé, au Togo, du 23 au 24 juillet, sous les auspices bienveillants de la République togolaise.

Après des discussions approfondies et constructives, les participants sont parvenus à un accord sur ce qui suit :

  • La détérioration continue des conditions au Soudan depuis son indépendance est le résultat des crises accumulées, qui ont accompagné les expériences de gouvernance à travers les périodes qui ont suivi l’indépendance, en tête desquelles l’absence d’un contrat social entre tous les Soudanais pour établir un État basé sur des principes et des fondements clairs. Cela a conduit à la création d’un État caractérisé par l’usage impuni et brutal de la violence par une élite qui a réprimé ceux qui réclamaient la justice sociale, une citoyenneté complète et la liberté politique.
  • La guerre actuelle, qui doit être immédiatement arrêtée pour mettre fin à l’effusion de sang et à la destruction des biens publics et privés, a été déclenchée par les éléments islamistes de l’ancien régime et leurs partisans et alliés au sein de l’institution militaire. Ils ont fait cela pour empêcher la signature d’un accord politique final qui aurait conduit à un nouveau processus de transition pour construire un État démocratique et démanteler l’ancien régime avec ses effets destructeurs qui se sont étendus à tous les aspects de la vie.
  • La résolution de la crise actuelle, qui a atteint son paroxysme avec la guerre à Khartoum, n’est pas possible sans aborder les causes profondes des crises et des guerres au Soudan de manière globale. Cela nécessite la mise en place d’un système politique et constitutionnel reflétant véritablement et équitablement la volonté de tous les Soudanais, œuvrant pour la justice sociale, renforçant une citoyenneté égale et protégeant les droits de l’Homme et les libertés civiles. Dans ce contexte, le modèle de gouvernance optimal pour le Soudan, et en particulier pour la région du Darfour, est un système fédéral présidentiel qui garantira une participation politique plus directe dans la gestion de l’État, la prise de décision politique, la surveillance du gouvernement, et appliquera le principe de contrôles et d’équilibres, ainsi que l’autonomie appropriée des régions pour qu’elles puissent gérer leurs affaires politiques, sociales, économiques et culturelles sans ingérence injustifiée de la part du gouvernement fédéral, qui devrait être établi par un accord entre toutes les régions du Soudan à l’avenir.
  • Les initiatives proposées par les Soudanais et les amis internationaux du Soudan pour résoudre la crise doivent tenir compte du fait que la solution globale et durable nécessite une nouvelle vision qui aboutit finalement à l’émergence d’un nouvel État soudanais, distinct de l’ancien Soudan, qui s’est achevé dans une unité fragile, un manque de droits ou leur absence, un développement déséquilibré, une démocratie formelle et supérieure, une prolifération de la corruption et des institutions mal formées et nationalistes, et des guerres destructrices qui ont entraîné le génocide, la purification ethnique, la perte de millions de vies, et la division du Soudan en deux États, transformant des millions de citoyens en déplacés et réfugiés.
  • Le discours de haine, qui a considérablement augmenté après la guerre du 15 avril, menace désormais l’unité nationale et la cohésion sociale, et il est condamné et rejeté par les participants. Tous les Soudanais, en particulier ceux du Darfour, doivent adopter le dialogue individuel et collectif comme alternative à ce discours dégradant, qui aggrave les crises et nuit à toutes les personnes et communautés au Soudan.
  • Bien que l’ancien Soudan ne puisse pas être maintenu en tant qu’État stable et prospère dans sa forme actuelle, l’unité du Soudan en termes de territoire et de peuple est une question de la plus haute importance. Ainsi, personne ni groupe n’a le droit moral, politique ou légal de demander ou de promouvoir la sécession du Darfour du peuple du Darfour luimême, qui est répandu dans toutes les régions du Soudan en nombre peut-être supérieur à ceux vivant dans la région, et qui a donc un intérêt légitime dans le maintien de l’unité du Soudan en tant qu’entité politique.
  • Le bon chemin pour parvenir à une paix durable au Soudan est de mettre fin à la violence structurelle que l’État a perpétrée contre de vastes segments de la population soudanaise, en particulier en périphérie du pays. Cela signifie, entre autres choses, que la paix ne signifie pas seulement le silence des armes, ou l’arrêt des agressions continues des institutions étatiques et non étatiques contre les citoyens, leurs terres ou leurs biens. Cela signifie également mettre fin aux disparités dans la participation politique pour tous, à la répartition équitable de la richesse et des opportunités disponibles pour les communautés, les groupes et les individus afin de réaliser autant que possible un progrès dans une société démocratique caractérisée par la justice sociale.
  • Les graves violations des droits de l’Homme commises par les Forces Armées Soudanaises (FAS), leurs supports de l’ancien régime et les Forces de Soutien Rapide (FSR) à Darfour, Khartoum et Kordofan, qui sont les manifestations les plus marquantes de cette tragédie de guerre, sont rejetées et condamnées par les participants. Des enquêtes locales et internationales doivent être menées pour établir les faits aux Soudanais et au monde et garantir la responsabilité et la justice permanente, mettant ainsi fin à la culture de l’impunité et ouvrant la voie à la construction d’un nouvel État soudanais basé sur les valeurs de tolérance, de primauté du droit et de coexistence entre toutes les populations et groupes soudanais. Tout cela dans le cadre d’un processus global de justice transitionnelle, qui garantit non seulement la responsabilité pour ces violations, mais conduit également à des réformes institutionnelles fondamentales et à l’établissement d’un nouvel État dans lequel les meurtres arbitraires, qui ont persisté dans la région du Darfour (et d’autres régions) pendant quarante ans et demi, en raison de l’échec des gouvernements successifs et des institutions de sécurité et militaires corrompues, répressives, ne se reproduiront plus, grâce à l’accomplissement de leurs devoirs constitutionnels et légaux en protégeant les citoyens, et dans certains cas, en attisant les conflits ethniques entre les groupes du Darfour qui ont coexisté pendant des siècles.
  • Les violations des droits de l’Homme qui ont eu lieu à Dar Anduqa dans l’État du Darfour occidental, ainsi que le recours de milliers de citoyens au Tchad, doivent être traités avec une importance particulière en matière d’enquête, de responsabilisation et de traitement. En particulier, le retour du Sultan Saad Barreldin, Sultan de Dar Masalit, qui a été contraint pour la première fois dans l’histoire moderne du Darfour de quitter son territoire et de se rendre à Dar Anduqa pour exercer ses fonctions de Sultan sur toutes les administrations civiles de Dar Masalit, devrait être pris en compte et assuré dans la dignité de son retour à la région. Dans ce contexte, il serait préférable qu’une délégation des principaux dirigeants des administrations civiles du Darfour se rende au Tchad dans les meilleurs délais pour accompagner le Sultan dans son voyage vers Dar Masalit. Les Forces de Soutien Rapide (FSR), qui contrôlent la ville de Geneina, doivent garantir la sécurité nécessaire pour lui et ses accompagnateurs.
  • La situation humanitaire à Darfour, Khartoum et Kordofan est extrêmement grave. Pour atténuer la souffrance humaine le plus rapidement possible, il est nécessaire que les parties en conflit conviennent de corridors humanitaires sûrs et s’engagent à les respecter pour assurer l’acheminement de l’aide humanitaire et garantir la liberté de mouvement pour les civils. Les Forces de Soutien Rapide (FSR), qui contrôlent l’aéroport de Geneina, doivent exploiter l’aéroport à des fins d’acheminement de l’aide humanitaire vers le peuple de Darfour. De plus, l’aide humanitaire doit être acheminée dans la région par le Tchad, car c’est plus facile et plus rapide, assurant ainsi son arrivée aux personnes sinistrées.
  • Les Forces de Soutien Rapide (FSR), les Forces Armées Soudanaises (FAS) et leurs supports de l’ancien régime, chacune dans ses zones de contrôle, doivent respecter le droit international des droits de l’Homme et le droit international humanitaire en protégeant les civils, en assurant leur retour dans leur pays ou dans leurs zones en toute sécurité, en protégeant la saison agricole et en prenant les mesures nécessaires pour empêcher tout abus ou violation à Darfour, que ce soit de la part de leurs membres ou des milices tribales qui opèrent dans différentes parties de la région. La protection des personnes déplacées et des réfugiés qui rentrent et le respect de leur dignité sont d’une importance particulière.
  • Les Forces de Soutien Rapide (FSR) doivent faire des engagements clairs et prendre les mesures nécessaires pour empêcher que des violations similaires à celles qui ont eu lieu à Geneina ou dans d’autres régions du Darfour se reproduisent. Cela implique de lutter contre les attaques perpétrées contre les civils par les milices incontrôlées et les batailleurs, pour éviter que le Darfour ne sombre dans une guerre civile totale.
  • Les services de renseignements militaires, relevant des Forces Armées Soudanaises (FAS) et leurs supports de l’ancien régime, ainsi que les services de renseignements généraux, une réalité que de nombreux habitants du Darfour connaissent bien, ont utilisé diverses méthodes depuis l’époque du régime répressif de Omar Al-Béchir pour semer des conflits ethniques entre les composantes sociales de la région, en alimentant les troubles et en fournissant des armes aux milices tribales. Cela faisait partie des stratégies des élites militaires à Khartoum pour lutter contre les mouvements de résistance armée dans la région auparavant et dans le contexte de la guerre actuelle contre les Forces de Soutien Rapide (FSR). Les participants à la réunion de Togo exhortent ces deux services et les élites de l’institution militaire à Khartoum à cesser immédiatement ce comportement et à renoncer à la politique de division qui sévit à Darfour.

En conclusion, les participants à la réunion de Togo conviennent de tenir d’autres réunions avec une plus large participation, dans le but de poursuivre les consultations et de mobiliser le soutien pour les résultats convenus.

Ils expriment leurs plus profonds remerciements et leur plus grande appréciation au président de la République togolaise, Son Excellence M. Faure Gnassingbé, ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères, le Professeur Robert Dussey, qui ont gracieusement honoré la session de clôture de la réunion en assurant la présidence et en accordant une attention personnelle à la question du Darfour, et pour leur accueil chaleureux et leur hospitalité.

EU Briefs publie des articles provenant de diverses sources extérieures qui expriment un large éventail de points de vue. Les positions prises dans ces articles ne sont pas nécessairement celles d'EU Briefs.

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