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Union Européenne : La Mission d’Observation des Élections au Zimbabwe (EOM-EU)

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Sur invitation des autorités du Zimbabwe, l’Union Européenne avait dépêché une mission afin d’assister au déroulement des élections. Sur place, l’UE avait en tout déployé 150 observateurs et observatrices qui ont pu ainsi couvrir toutes les localités du pays.

Ce sont les 2èmes élections depuis l’accession à l’indépendance en 1980 de ce pays de 16 millions d’habitants.

La mission d’observation du Parlement Européen était composée de 7 députés issus de six partis et pays différents (Autriche, Allemagne, Espagne France, Italie, Pologne,) Ce sont les députés suivants :

Monsieur Fabio Massimo Castaldo, Italie tête de mission des Observateurs de
l’Union Européenne.

Andreas Schieder Autriche, chef de mission du Parlement Européen

Mr. Javier Nart Espagne
Mme Patricia Chagnon France
Mr. Urmas Paet Estonie

Mr. Ryszard Czarnecki Pologne
Sven Simon Allemagne
Dr. Pierrette Herzberger-Fofana Allemagne

© «European Union Election Observer»

Nous avons formé un groupe de 3 équipes : La première équipe a observé le déroulement des élections à Harare dont nous faisions partie, la seconde équipe à Marondera et les environs et la troisième équipe à Chinhoyi.

Avant le scrutin

Quelques jours avant les élections, nous avons rencontré les autorités du pays, les candidats, les représentants des partis, les leaders religieux, les organisations de la société civile ainsi que ceux des médias qui nous ont fait part de la situation politique actuelle, de leurs inquiétudes, du manque de transparence de l’indépendance de la Commission Électorale Du Zimbabwe (ZEC) qui n’aurait pas fourni toutes les informations nécessaires au bon déroulement du vote et en particulier les listes électorales.

En outre, selon nos interlocuteurs, les élections n’ont pas respecté de nombreuses normes régionales et internationales, y compris les principes importants d’égalité et de transparence.

Nous déplorons que les femmes représentent moins de 15 % de l’ensemble des
candidats inscrits. Une seule femme a pu se présenter aux élections présidentielles et uniquement par le biais d’une procédure judiciaire. Le coût des frais d’inscription pour les candidats à la présidence étaient de 20 000 US dollars ce qui a exclu d’office la plupart des femmes qui désiraient être candidates aux élections présidentielles.

Pour le parlement, les frais s’élevaient à 1000 US dollars. Nous avons également
appris que pour le règlement de ces frais, les autorités exigeaient un paiement cash en dollar.

Les élections

Les élections présidentielles et législatives se sont tenues le mercredi 23 août au Zimbabwe. Le président sortant Emmerson Mnangagwa, surnommé le «crocodile» a affronté son adversaire, Nelson Chamissa, avocat et pasteur, chef de l’opposition et de son parti «la Coalition des Citoyens pour le Changement»(CCC).

Climat de «peur»

C’est donc dans une atmosphère tendue et de peur que ces élections se sont
déroulées. En effet, la campagne électorale a été marquée par une répression
d’opposants, la propagation de fake news à l’égard de l’opposition et arrestations arbitraires non seulement d’opposants mais aussi d’observateurs. C’est ainsi que mercredi nuit, 39 observateurs d’organisations de la société civile (Zimbabwe Electoral Support Network ZESN) qui partageaient le même hôtel que nous ont été arrêtés. Leur matériel de travail : laptop, téléphones a été confisqué et leur chambre d’hôtel mis à sac.

Tous les observateurs y compris les membres de notre délégation ont dû tous rester confinés toute la journée á l’hôtel sur ordre des autorités. Nous ne devions pas quitter l’hôtel. Lors de sa déclaration finale, le chef observateur et la tête de mission ont tous deux au nom de l’Union Européenne et du Parlement Européen demandé la libération immédiate des observateurs locaux d’organisation de la société civile.

En tant que signataires de la «Déclaration de Principes sur l’Observation des
élections », nous condamnons fermement ces attaques inacceptables contre les
observateurs, qui sont considérés par le Parlement européen et au niveau mondial comme des « défenseurs des droits humains» ZESN fait partie intégrante du Réseau Mondial des Observateurs d’Élections Nationales, (Global Network of Domestic Election Monitors GNDEM).C’est une organisation indépendante et crédible.

« Les élections harmonisées au Zimbabwe du 23.8.23 »

Le jour des élections, bien que sans heurts significatifs, s’est déroulé de manière irrégulière. L’élection présidentielle et législative au Zimbabwe a connu d’importants retards et dysfonctionnements et peut être considérée comme non conforme au regard de la loi électorale.

Le manque de bulletins dans les bureaux urbains, se sont multipliés dans la capitale Harare et autres grandes villes, bastion de l’opposition. Dans les régions, il semblerait que les citoyens aient pu voter à temps ce qui a conduit à la colère de nombreux citoyens qui nous ont abordé pour exprimer leur mécontentement.

Dans les zones rurales en particulier, il y a eu cependant une forte intimidation de la part de groupes proches du parti au pouvoir, le Zanu-PF, selon les observateurs électoraux de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) qui ont condamné le comportement des militants du parti. Ils avaient placé des tables dans les locaux du bureau de vote pour prendre les noms des citoyens à l’entrée et à la sortie du bureau de vote.

Critique

La longue attente des bulletins de vote, durant des heures, liée aux problèmes
logistiques a toutefois découragé nombre d’électeurs et électrices qui ont préféré renoncer à voter et sont rentrés chez eux.

Les listes électorales comprenaient de nombreuses erreurs. Des électeurs n’étaient pas mentionnés bien qu’ils se soient fait enregistrer à temps. Les observateurs ont également relevé le refus des autorités d’accréditer certains médias étrangers et mis en cause la partialité des médias publics locaux.

Un autre point critique, c’est la campagne massive de désinformation orchestrée
dans les journaux locaux contre les organisations d’observateurs spécialement
contre L’Union Européenne et la Mission d’Observation de l’Europe (EU- EOM.)

Nous tenons à rappeler que la Mission d’Observation de l’UE a été invitée par le
gouvernement du Zimbabwe à procéder à une évaluation indépendante du processus électoral.

Nous regrettons que la Commission Électorale du Zimbabwe ZEC n’ait pas reçu
notre délégation malgré plusieurs demandes de notre part et compte tenu de l’apport technique et de la contribution substantielle et financière que l’Union européenne a apportée à ces élections.

Le vote qui devait clore mercredi soir, a dû être prolongé tard dans la soirée et au lendemain.

Les observateurs de l’Union européenne (UE), d’Afrique australe (SADC) et des
pays du Commonwealth ont unanimement mis en doute le bon déroulement du
processus électoral. Certains aspects du scrutin ne sont pas conformes aux
exigences de la Constitution du Zimbabwe, de la loi électorale (…) régissant des
élections démocratiques» a déclaré le chef de la mission de la SADC, Nevers
Mumba, devant la presse. De «graves problèmes» ont entaché la «crédibilité» et la «transparence» du scrutin, a souligné Amina Mohamed, de la mission d’observation du Commonwealth.

.Harare 25.8.23.Les députés Fabio Massimo Castaldo, ©Dr. Pierrette Herzberger-Fofana et Andreas Schieder

Lors de la conférence de presse, Fabio Massimo Castaldo, tête de la mission de
l’UE leur a emboîté le pas en évoquant «un climat de peur» et clamé haut et fort que les «élections n’ont pas respecté de nombreuses normes internationales.»

La commission électorale ZEC, en particulier, n’a pas inspiré confiance en ce qui
concerne la question des élections présidentielles et législatives ainsi qu’en raison d’une communication non transparente et de l’irrégularité de la mise à disposition des bulletins de vote en temps voulu.

Les résultats du scrutin électoral

Le président Emmerson Mnangagwa a été déclaré vainqueur de l’élection au
Zimbabwe par l’autorité électorale samedi soir, alors que les résultats devaient être annoncés mardi. Il s’assure ainsi un mandat présidentiel de cinq ans. Le président Mnangagwa, a gagné avec 52,6% des voix. Son principal adversaire Nelson Chamisa, a obtenu 44% des voix.

La ZANU-Pf a obtenu 125 des 210 sièges à l’assemblée nationale contre 59 pour le CCC. soixante autre sièges seront attribuées de façon proportionnelle.

©Harare 24.8.23 – ©Dr. Pierrette Herzberger-Fofana

Conclusion

Nous pouvons en conclure que ces élections malgré toutes les difficultés témoignent du civisme des populations. Elles aspirent à faire entendre leurs voix en espérant pouvoir évoluer dans un espace démocratique. Ces populations font preuve d’abnégation et sont prêtes à sacrifier toute une journée de travail dans des longues files d’attente afin d’accomplir leur devoir de citoyen. Leur patience force notre admiration.

Dr. Pierrette Herzberger-Fofana,
Députée au Parlement Européen
1 ère Vice-Présidente de la Commission «Développement»
Vice-Présidente de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE
Vice-Présidente de la Délégation avec le Parlement Panafricain

EU Briefs publie des articles provenant de diverses sources extérieures qui expriment un large éventail de points de vue. Les positions prises dans ces articles ne sont pas nécessairement celles d'EU Briefs.

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