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L’homme d’affaire Youcef Baadja accuse des responsables algérien pour enlèvement et tentative d’empoisonnement

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Propos recueillis par Tom Benoit, directeur de la rédaction de Geostratégie Magazine

Youcef Baadja, homme d’affaires évoluant dans la finance et les matières premières, mène une bataille sans relâche. L’entrepreneur qui affirme avoir été spolié par l’Algérie accuse les renseignements du pays de multiples enlèvements et de tentative d’empoisonnement.

Vous avez déposé plusieurs plaintes à propos d’un système de corruption dont vous affirmez avoir été la victime. Pouvez-vous revenir sur l’origine de cette affaire ?

Youcef Baadja : Je suis un entrepreneur de 48 ans, Algérien qui n’a jamais vécu en Algérie. Je travaille depuis plus de 25 ans dans la finance et dans le négoce de matières premières. Je précise que ma crédibilité a toujours incité les banques suisses et européennes à me financer.

J’ai bâti mon empire sur le négoce de matières premières à la Bourse de Londres. En 2010, je suis allé en Algérie pour bâtir dans mon pays et pour amener un plus à l’économie algérienne. De grands problèmes… La douane algérienne a bloqué mes sept sociétés. Tous mes comptes bancaires ont été bloqués.

Des décisions que vous jugez totalement arbitraires…

Sans aucune décision de justice ! Il s’agissait de décisions internes. Des plaintes ont été déposées contre moi, contre mes sociétés… Et toutes mes sociétés ont été bloquées. La première plainte date d’octobre 2013. Et puis, 120 plaintes ont suivi.

Selon vous, qu’est-ce qui a motivé ces plaintes ?

Le seul problème est que je n’avais pas le soutien d’un général. Je suis arrivé avec la mentalité européenne, et ils n’acceptent pas cela. Je travaille partout dans le monde. Nulle part ailleurs, je n’ai connu ça.

Il y a une forme de non-dit dans la façon de mener des affaires en Algérie ?

C’est tout à fait ça. Pour chaque secteur, il y a un général. Pour le sucre, il y a un général, pour le ciment… Si vous voulez monter une usine pour faire de l’eau plate, il faudra passer par un général qui vous donnera les agréments. L’Algérie est contrôlée par un système corrompu.

Vous dites avoir subi des persécutions particulièrement morbides…

J’ai eu gain de cause après cinq années de batailles. Pour gagner jusqu’à la Cour suprême. En 2018, j’ai reçu tous les jugements en ma faveur. Le tribunal d’Algérie a même condamné l’Etat à payer des dommages. Je suis allé voir le Premier ministre, qui aujourd’hui est en prison. Il n’a pas voulu me répondre. Je me suis retourné vers le ministre de la Justice. Lui aussi est en prison à présent. Il m’a dit : “Nous ne vous rembourserons pas”.

Alors, ils m’ont envoyé les services algériens. J’étais dans un café. On est venu me voir pour me proposer de m’ouvrir toutes les portes : crédits, banques… Même des crédits qui seraient ensuite effacés. En échange, « le patron veut que vous laissiez 50 % des dommages que vous demandez ». Je peux donner le nom du général, qui est lui aussi en prison aujourd’hui.

Vous avez refusé ?

Bien sûr. Ensuite, ma vie est devenue un enfer.

Pouvez-vous nous décrire la nature des kidnappings dont vous dites avoir été victime ?

La première fois, je sortais de ma maison. Cinq personnes m’attendaient avec deux voitures : « Nous sommes les services de renseignements algériens, venez avec nous ! » J’ai dit : « Est-ce que vous pouvez vous justifier ? » Ça n’était pas la police, ils n’avaient pas de carte. Ils m’ont montré un talkie-walkie. J’ai dit que ça ne justifiait pas leur identité. Immédiatement, ils m’ont pris en force, m’ont cagoulé et emmené dans une caserne militaire. J’y ai passé huit heures. Puis, ils m’ont fait signer un document pour m’engager à ne parler à personne, et m’ont ramené chez moi à 5h du matin.

Il y a eu d’autres kidnappings ?

Un mois après, la même chose. Je rentrais du travail, devant chez moi, cinq personnes… Violents, ils m’ont insulté, cagoulé.

On aurait tenté de vous empoisonner ?

Oui, après la troisième fois. Alors que j’étais allé déposer plainte chez le procureur. Le procureur général, craintif, ne voulait pas prendre ma plainte. Trois semaines plus tard, je prenais un café dans un café public. Mon café avait été empoisonné avec de la mort-aux-rats. Trois jours à l’hôpital, lavage d’estomac…

Le cafetier avait donc été corrompu lui aussi ?

Ils travaillent tous ensemble. Les taxis, les hôtels, les cafetiers… Tous travaillent avec les services de renseignement algériens.

Vous vous rendez en Algérie aujourd’hui ?

Non, j’ai peur.

Combien de plaintes avez-vous déposées ?

Sept. En Suisse, à la Haye à la Cour pénale internationale, et trois au tribunal algérien.

Quelles sont vos demandes aujourd’hui ?

La justice doit être faite. Ils doivent me restituer mes biens. J’ai été spolié par le gouvernement algérien. Ils sont allés jusqu’à me salir dans les médias algériens.

Sur le plan nominal, vous estimez être victime à hauteur de combien ?

Au maximum en dernier recours, au Tribunal pénal international nous réclamons 310 millions d’euros.

Vous continuez dans les affaires ?

Oui. Je travaille désormais beaucoup en Libye. Nous venons de signer un contrat pour installer des panneaux solaires partout dans le pays. Il s’agit d’une opération qui dépasse le milliard d’euros. Le gouvernement libyen y participe à hauteur de plusieurs centaines de millions. Heureusement, parce que les Algériens ont demandé à la Libye de me livrer en Algérie. Bien sûr, la Libye a refusé. Jamais ils ne livreraient quelqu’un avec qui ils travaillent. Cela m’a protégé.

Propos recueillis par Tom BenoitSource : https://www.entreprendre.fr/lalgerie-est-controlee-par-un-systeme-corrompu/

EU Briefs publie des articles provenant de diverses sources extérieures qui expriment un large éventail de points de vue. Les positions prises dans ces articles ne sont pas nécessairement celles d'EU Briefs.

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