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L’Allemagne prépare le post-Merkel

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L’Allemagne a franchi un grand pas dans une nouvelle ère politique avec l’élection, samedi dernier, d’un nouveau président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, qui quittera ses fonctions l’automne prochain après près de 16 ans au pouvoir.

C’est Armin Laschet, proche allié de Mme Merkel, qui prend désormais les rênes de la CDU après avoir remporté le second tour d’une élection serrée avec 52,8 % des voix de 1001 délégués appelés à voter par voie électronique, en raison de la pandémie du Covid-19.

En temps normal, le ministre-président du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui soufflera le 18 février prochain sa 60ème bougie, succèderait presque certainement à la chancelière à la tête de la première économie d’Europe, une donne qui n’est pas sans impact sur l’ensemble de l’UE.

Et pour cause, il n’est pas aisé de succéder à Mme Merkel, que les Allemands appellent affectueusement “Mutty, Maman”, qui a survécu à quatre présidents français et autant de présidents américains.

Figure incontournable de la scène politique en Allemagne, devenue une puissance économique dominante en Europe pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, elle a dirigé l’UE, avec tact et maestria, à travers une série de crises successives.

Lui trouver un successeur convenable, gardien de l’ordre libéral, relevait jusqu’à naguère de la gageure. Une première tentative a échoué après qu’Annegret Kramp-Karrenbauer a démissionné de son poste de présidente de la CDU en février dernier.

Si la boucle semble bouclée ce weekend avec l’élection de M. Laschet, rien ne garantit qu’il soit, à huit mois des élections législatives du 26 septembre, le prochain candidat des conservateurs au poste de Chancelier fédéral.

Pour ce faire, il est en droit de faire valoir son expérience de député fédéral (1994-1999), député européen (1999-2004) puis ministre et député régional à partir de 2010, outre sa présidence du Land le plus peuplé d’Allemagne (18 millions d’habitants sur 85 millions) qui lui confère une légitimité pour prétendre gouverner le pays tout entier.

Surnommé «Armin le Turc» en raison de ses positions favorables à l’immigration, il se prévaut d’être le fidèle allié de Mme Merkel au sein de la CDU, y compris au plus fort de la crise des réfugiés de 2015.

Dix ans plus tôt, alors ministre chargé des questions d’intégration dans le gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il avait soutenu la politique d’accueil.

Conscient du fait que s’inscrire dans la lignée de Mme Merkel ne dispenserait pas son successeur de cimenter les liens entre les composantes de la CDU, il a très tôt pris langue avec Jens Spahn, le jeune ministre de la Santé ; une alliance qui lui a permis d’élargir son spectre en gagnant les suffrages de délégués plus conservateurs.

Sauf que rien ne garantit que M. Spahn, malgré ses assurances, ne saute sur l’occasion pour présenter sa candidature à la chancellerie, pas plus d’ailleurs que le président de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), Markus Söder, que les électeurs conservateurs considèrent aujourd’hui comme le plus apte à diriger le prochain gouvernement fédéral.

Selon le dernier baromètre politique de la chaîne publique ZDF publié vendredi, seules 28 % des personnes interrogées estiment que M. Laschet a la stature d’un chancelier, contre 54 % pour Markus Söder.

Sur un ton rassembleur, il a souligné le jour de sa victoire sa volonté “que nous réussissions ensemble et que nous fassions en sorte que l’Union chrétienne-démocrate”, soit portée à la chancellerie en septembre.

Promettant à la fois continuité et changement, M. Laschet a fait appel aux délégués de la CDU samedi dans un discours à la fois personnel mais aussi radical.

“Mon père m’a toujours dit : le plus important à 1000 mètres sous terre, ce n’est pas d’où est originaire ton collègue mais si tu peux lui faire confiance”, a-t-il raconté lors de ce congrès digital.

La confiance, Armin Laschet, souhaite l’incarner au sein d’un parti qui, ces dernières années, s’est divisé sur des thèmes tels que l’immigration et la concurrence de l’extrême droite.

“La CDU a besoin d’un homme qui, comme à 1000 mètres sous terre, sait mener son équipe” a-t-il martelé, tendant la main à ses deux concurrents malheureux, Norbert Röttgen et Friedrich Merz, dont “les positions doivent être représentées”.

Selon les observateurs, le nouvel homme fort des Chrétiens-démocrates devrait sortir de l’ombre pesante de Mme Merkel et de son approche pragmatique, froide et sans convictions, tant et si bien que les Allemands ont inventé, avec elle, un verbe : “merkeln” ; c’est-à-dire ne rien faire, ne rien dire et attendre.

Le journaliste Laschet saurait-il se défaire de l’emprise de la dame à la coupe au bol et à l’accoutrement immuable, la chercheuse en physique quantique qui, après 35 ans de RDA (République Démocratique Allemande), a su patiemment cultiver le silence et la ruse ?

“Continuer à réussir ne signifie pas continuer de la même manière”, a assuré M. Laschet, pour qui “les vents contraires sont beaucoup plus durs. Les forces contre nous sont devenues beaucoup plus fortes”.

“Nous devrons faire beaucoup de choses différemment et d’une manière nouvelle après la pandémie”, a-t-il soutenu.

Il y a douze ans, Armin Laschet a écrit un livre “La république naissante. L’immigration comme opportunité”. De l’histoire de son père livrée samedi aux délégués de la CDU, il a dit que “notre société a largement perdu la foi et la confiance dans l’avancement”. La société peut-être, mais pas Armin Laschet !

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